| Dark Dog Moto Tour 2006 |

Lundi 25 septembre : l'étape se corse, REIMS/MAGNY-COURS avec une spéciale sur route et une spéciale de nuit à l'arrivée sur le circuit de F1. Heureusement que notre "tripy" fonctionne, il devient notre meilleur allié dans la course, Merci J-MARC (J-M MOTORSIDE) !!! Sur le chemin, il y a PAUL qui nous attend au bord de la route pour nous faire signe, ainsi qu'un groupe de ZEUS un peu plus loin. Pourtant, on est partis hyper tôt ce matin. Ce sont des passionnés, des mordus, comme nous. C'est aussi ça le MOTO-TOUR, le partage d'une passion avec les autres, le partage de la vie... Cette première "base chrono" en guise de spéciale sur route est une épreuve un peu particulière, à laquelle peu de pilotes ont été habitués. C'est une première pour beaucoup d'entre nous. Il faut maintenir une moyenne hyper précise de 60 km /heure à la seconde près sur une distance donnée. Chaque seconde d'avance ou de retard se transforme en seconde de pénalité. Le compteur et un chrono sont nos seuls outils, on prends 17 secondes de pénalité. C'est pas terrible, mais beaucoup ont pris bien plus en side-car. Seuls quelques pilotes solo ont réussi la quasi-perfection. L'étape était physique, mais il y avait des parties bien roulantes, alors ça allait. Nous sommes mêmes arrivés en avance d'une bonne demi-heure sur l'heure de pointage. Après un petit tour sur le car podium à l'arrivée pour raconter notre étape, remercier nos partenaires, nous avons fait une petite séance photo. Une pose avec les autocollants "SECURI TP" de notre FRANCIS (celui qui lave son ZEUS plus vite que son ombre, et qui ne pars jamais sans son petit seau et son éponge...) a été faite car je lui avait promis. La spéciale de nuit se prépare ensuite, je m'octroie quand même une petite sieste, car la catégorie side-car ne roule qu'à 22H30. L'ambiance est magique à la tombée de la nuit. C'est vraiment bizarre pour moi de me retrouver là, à MAGNY-COURS pour rouler en side-car, la dernière fois que j'ai roulé là de nuit c'était au BOL d'OR l'an passé ! Nous partons 6ème sur la grille de départ, conformément à notre place au classement provisoire en side-car. Le départ se fait au feu, je le rate complètement (tiens tiens, j'ai déjà écrit ça dans certains résumés moto...) car j'ai dû démêlé le fil de mon coupe contact !!! On part sur les chapeaux de roues, bon dernier. Sans attendre, on entame notre remontée et on fait les freins au virage "d'ADELAIDE", c'est trop bon !!! Arrivés dans le virage du "180", et hop, on en double un autre. Au tour suivant, on fait un extérieur (qui nous vaudra d'ailleurs des commentaires) dans la grande courbe à droite "d'ESTORIL". Toute la course, c'est la grosse bagarre à 3 sides au freinage du lycée. La respiration est quasi inexistante, je passe les virages, les freinages en apnée, comme en moto ! je reste encore stupéfaite par l'intensité de cette course. Le drapeau à damiers s'abaisse, c'est déjà fini ! A peine le temps de nous remettre de nos émotions, il faut amener le ZEUS en parc fermé et aller au lit car demain, c'est l'étape marathon. Mardi 26 septembre : Le matin attaque très fort avec 2 spéciales sur les circuits de KART et école. Faire tourner un ZEUS sur un petit circuit de mickey pour des karting semble relever du défi, pourtant il s'est très bien comporté ! Nous étions dans la même seconde que les premiers alors qu'on pensait être pénalisés plus que ça par notre gabarit (éléphantesque) et notre poids (jusqu'à 200 kgs de plus que la concurrence !) comparé aux autres side-car. On a récupéré une bonne poignée de secondes sur ces 2 spéciales, on a en plus pointé à l'heure à chaque contrôle. 1ère étape marathon : pas moins de 700 km par des petites routes qui ne sont même pas toutes sur la carte tellement elles sont petites ! Il y a même des parties en chemin de terre qui passent entre des maisons... Quelques kilomètres de route entièrement recouvertes de gravillons viennent nous faire descendre notre moyenne... J'espère que J-MARC aura le carburant qu'il faut pour le ravitaillement de mi-étape car les stations sont rares par ici... On rattrape un petit groupe de devant, on fait un bon bout de route ensemble, un gendarme se tire la bourre avec nous, c'est aussi ça le MOTO-TOUR ! La pause est courte, il faut vite avaler le sandwich pour repartir à l'heure. Notre mécano d'assistance étape est au top, il arrive juste à l'heure pour assurer le ravitaillement. ERIC qui aujourd'hui ne promène pas de journaliste fait l'étape avec J-MARC. Je tiens d'ailleurs à souligner que suivre le rythme des étapes avec des ZEUS entièrement d'origine, il faut le faire ! C'est un véritable engin passe-partout, il faut le voir pour le croire... Sur la deuxième partie de l'étape, le jour commence à baisser quand nous sommes encore loin de l'arrivée. J'ai un petit soucis électrique qui semble dû à la pause des phares additionnels. Il y a un faux contact quelque part et lorsque j'allume les pleins phares, la boite de vitesses se met en "erreur". Oups, je dois donc m'arrêter, couper le contact et rallumer avec les pleins phares déjà allumés. Je ne devrai donc pas les utiliser quand j'arriverai un peu plus bas dans la civilisation. Lors d'une de ces pauses forcées qui me stressent par peur de ne pas pointer à l'heure (c'est la hantise de tout pilote au MOTO-TOUR), SEBASTIEN en profite pour faire un arrêt "pipi". Sans avoir réalisé qu'il n'était pas remonté sur le ZEUS, je repars...sans lui !!! J'ai oublié mon singe ! Il s'accroche tellement bien quand il est dessus qu'au final, la seule façon de le perdre est de l'oublier sur le bord de la route... OUPS ! Fort heureusement, je m'en rends compte très vite et fais marche arrière. Je crois qu'aucun de nous n'oubliera cette étape. L'arrivée à l'entrée de CASTRES voit un peu de bousculade, quelques pilotes ou équipages sont en retard. Pointer pile à l'heure sur une étape de 700 kilomètres n'est pas simple... Pour une étape marathon, on a été servis ! L'assistance se fait rapide sur le ZEUS, juste un peu d'essence mais pas trop pour ne pas être trop lourd pour la spéciale circuit à ALBI demain matin. Je m'installe ma tente "2 secondes" et mon petit matelas, m'enfile dans mon duvet. Que du bonheur ! Je ne vais pas à l'hôtel avec les garçons, je préfère gagner un peu de sommeil. ![]() Mercredi 28 septembre : C'est la forme ! OK , je suis un peu tendue au niveau du coup, mais pour avoir fait le MOTO-TOUR en moto sur une DUCATI en 2003, je peux vous dire qu'à côté, le ZEUS est top-confort ! Il faut aller chercher notre OVNI au parc fermé. La ville dort encore, on a l'impression d'être les seuls réveillés. C'est magique, les pilotes et passagers sortent les machines du parc fermé en silence, puis les moteurs démarrent dans la nuit. La sortie et l'endroit ou il faut pointer ne sont pas très clairs, il y a un sens interdit . Bon, et bien il semblerait qu'à titre exceptionnel, on ait le droit de passer quand même. La fatigue de la veille se fait sentir quand même un peu... on part donc pour le circuit d'ALBI avec un groupe de motos et side-car. Il n'y a pas beaucoup de distance pour aller au circuit, mais qu'est-ce qu'on s'amuse ! L'étape d'aujourd'hui est moins longue, du fait de l'étape de nuit de ce soir. La mise en grille est comme à MAGNY-COURS en fonction du classement. Nous partons en 4ème position, soit en deuxième ligne car les sides sont trop larges pour pouvoir en mettre 4 côte à côte. Dès le tour de reconnaissance et le tour de chauffe, on s'arsouille comme des fous ! j'ai bien repéré mes rapports de vitesse, le ZEUS se mettant en glisse à l'entrée de la chicane, c'est un de nos points stratégiques pour doubler... Le départ est donné, on se fait déposer comme à l'accoutumée à l'accélération, mais alors à l'entrée de la chicane, c'est le pied. Comme en moto, c'est du genre : "pousses-toi que je m'y mette". Le double droite du fond conditionne la ligne droite (1km) et nous sommes très rapides dans cette courbe. Cela nous permet de limiter les dégats en ligne droite ou l'accélération reste notre point faible en raison du poids. Les places sont chères, tantôt 4èmes tantôt 5èmes, on se bat comme des lions, on se régale de plaisir. Au 3ème ou 4ème tour, la sortie de la deuxième chicane est accompagnée d'un bruit étrange, et de la sensation d'une roue qui bouge. SEBASTIEN regarde et pense que l'on a "déjanté", et que la roue s'est remise en place. Bizarre... Du coup on a calé, il faut ouvrir le coffre pour réamorcer et redémarrer ! non vous ne rêvez pas, tout ça se passe bien sur un circuit !!! SEBASTIEN et moi réalisons alors l'avance que nous avions sur les autres. Nous étions avec le groupe de tête et l'écart avec nos poursuivants était déjà impressionnant...Ils nous rattrapent, et on repart de suite derrière eux. Le ZEUS a un comportement bizarre... l'arrière est flou... Il glisse de façon étrange...Tout va bien dans la ligne droite, j'attaque le freinage appuyé au bout, j'entre dans le virage et là : l'arrière du ZEUS part tellement fort que j'ai l'impression que je faire demi-tour. Je contre-braque dans l'autre sens pour essayer de rester dans le bon sens et longer le rail. OUF, pas d'accrochage avec d'autres concurrents. Je coupe de suite le moteur, c'est fini pour nous en classement Expert. J'ai tout d'abord ressenti une profonde déception... Un peu comme lorsque j'ai appris la nouvelle de notre abandon au BOL D'OR 2004, avec le GENOUS TEAM. Comme un couperet qui vous coupe les jambes en plein élan ... Nous ne pouvons que constater un gros souci : 1 soudure sur un point d'ancrage au niveau de la roue du panier a cédée, écartant la roue elle-même qui du coup arrache le cardan... Bon, une chose est sûre, il y a du boulot ! C'est la dure loi de la course. On sollicite énormément la mécanique, et cela permet de mettre en évidence des points d'évolution future pour faire progresser la machine (c'est comme ça que ça se passe en moto). J'ai du mal à rester zen, l'émotion me gagne peu à peu, et les questions fusent autour de nous. On nous tracte le ZEUS bien malade jusqu'à notre emplacement d'assistance. Là, j'hallucine complètement en voyant la manière dont J-MARC prend les choses en main. Il ne panique pas, veut qu'on reparte et qu'on le finisse ce MOTO-TOUR. Il commence par tout démonter, pendant que JACQUES est reparti chercher le camion SIDE-BIKE à CASTRES. Nos charmants voisins bien outillés nous prêtent tout ce qu'il faut pour attaquer le démontage. Très vite, le bilan des pièces manquantes est fait, ALAIN venu assister JACQUES est lui charger de se rendre à TOULOUSE pour aller chez PEUGEOT chercher les pièces manquantes. Il va falloir ressouder, par chance nous sommes à ALBI et mon mécano unique et préféré (YVES qui me fait rouler sur sa DUCATI cette année) n'est pas loin. Il a son garage ou il y a tout ce qu'il faut. Il vient à la rescousse avec le poste à souder, mais très vite, les garçons en concluent que ce sera bien plus simple de transporter le ZEUS en "ambulance" (dans le camion SIDE-BIKE arrivé entre temps avec JACQUES). Pendant ce temps, je suis chargée de me rendre à la direction de course pour voir s'il sera possible de poursuivre l'aventure en classement VIP. C'est un classement réservé aux pilotes invités tels que des journalistes, ou alors des pilotes qui comme nous, sont mis hors course suite à un incident technique entraînant plus des 30 minutes de retard accordées. La direction de course est bien désolée pour nous, qui remontions à la 4ème place en catégorie SIDE-CAR !!! Pas mal pour des novices qui voulaient juste voir un peu ce qu'un ZEUS pouvait faire en rallye. Nous avions à faire à quelques sides affûtés au championnat de France des rallyes, alors on était très satisfaits de ce résultat. Il nous faut attendre la réunion de jury le soir pour connaître leur décision. En effet, nous sommes loin d'être les seuls à vouloir terminer ce MOTO-TOUR et figurer dans un classement, se battre au chrono. La mi-course révèle déjà pas mal d'autres abandons. 17H30 : Super, 2 bonnes nouvelles m'arrivent en même temps, la première est l'accord de la direction de course pour finir la course en classement VIP, ou il y a un classement journalier et des chronos sur les spéciales. Finir pour finir, c'est beau mais avec des chronos pour se mesurer aux autres c'est encore mieux, après tout, c'est ça la course ! La deuxième bonne nouvelle, c'est que les garçons viennent de terminer d'opérer le ZEUS. Ils arrivent à CASTRES, je peux leur annoncer la bonne nouvelle c'est super. Cette équipe pourtant constituée récemment fonctionne très bien ensemble, les membres sont tellement passionnés qu'ils finissent par vous transmettre une énergie incroyable . YVES est invité à manger avec nous, on se retrouve donc dans un restaurant avec pour envie de manger un bon plat chaud (car ça fait plusieurs jours que nous n'en avons même pas eu le temps !). Au final, je craque sur un plateau de fruits de mer et J-MARC est solidaire. Les autres membres de l'équipe nous font remarquer à juste titre que l'on aurait pu faire mieux comme plat chaud, mais tant pis on assume. De toute façon, la chaleure est dans nos cœurs tellement l'aventure est palpitante. Mon singe m'a pardonnée de l'avoir oublié sur la route, demain la course reprend pour nous, c'est magique ! Une bonne nuit s'impose, alors je salue tout le monde et pars me glisser dans mon duvet. Le Dark Dog Moto Tour 2006 par Fabienne Migout avec son Side-Bike Zeus : troisième partie ... |